La villa mauresque du quai de Billancourt

Un rêve d’Orient.
Souvenez-vous, le Village de Billancourt dans son post du 24 juin évoquait une belle disparue : la belle villa de la rue de Meudon.

La villa mauresque du 41 quai de Billancourt peut aussi se prévaloir de ce titre de « belle disparue« , victime de l’expansionnisme industriel de Louis Renault.

Habitation bourgeoise représentative de cet engouement européen pour l’Orient (plus précisément pour l’art dit mamelouk) qui connut son âge d’or entre 1860 et 1910 dans les arts décoratifs et l’architecture, elle était la maison à la mode, prisée par une riche clientèle.

La villa vue depuis le port d’embarquement vers l’ile Seguin et le tir aux pigeons. Source : archives du 92.

Ce qui va suivre est une évocation nostalgique, une reconstitution malgré l’absence de plans, photographies rapprochées ou descriptions. Deux cartes postales (photo en entête d’article et photo précédente), nous ont inspirés. Et puis l’internet, bien sûr… Les choix sont cependant basés sur des études, et des hypothèses qui, nous le pensons, se tiennent.

Localisation de la villa mauresque
Sa situation avec des repères de 2020.

Elle fut bâtie au tournant du siècle dernier. Notre étude nous conduit vers une surface habitable d’à peu près 250 m2 et 7 mètres à hauteur de terrasse. Outre la grande salle à manger et l’indispensable salon, oriental, la villa devait très probablement comporter une salle de billard/fumoir, 5 chambres, un escalier imposant et richement orné, et la nécessaire suite de pièces imparties à la domesticité (cuisine, office, chambres, escalier, passages, celliers) dont tout était mis en place pour qu’elle se fasse à la fois efficace et discrète.

Quai de Billancourt et la villa mauresque.
Quai de Billancourt et la villa mauresque.

Nous ne savons presque rien de son bâtisseur et ses occupants hormis une certaine Dame Constance Héloïse Chabé (source : archives municipales) et la présence vers 1910 de la baronne Raymonde de Laroche, notre pionnière de l’aviation que nous avons rencontrée dans notre post du 08 novembre. La villa fut aussi la résidence de Geoges Croegaert, peintre belge au style académique.

Georges Croegaert, la liseuse
Georges Croegaert, la liseuse (extrait).

Voici un détail d’une photo panoramique datant de 1918. Le sort de la villa, cernée par les usines et la poussière, semble scellé. Toute une époque est en train de disparaitre. Bientôt le pont Daydé sera construit et l’île Seguin investie…

La villa mauresque en 1918, à côté d'ateliers Renault.
En 1918, des ateliers Renault sont venus s’installer juste à côté. Source : Library of Congress. Lewis Wickes Hine, depuis le pavillon de Bellevue, Meudon.

Si vous souhaitez prolonger ce rêve oriental, sachez qu’il existe encore quelques-unes de ces villas mauresques près de Paris. La villa de la rue Chaptal à Levallois-Perret est une des plus richement décorées. Elle vient d’être remarquablement restaurée.

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