Avant le COSEC des dominicaines

Peut-être êtes-vous un habitué du gymnase appelé « COSEC des Dominicaines », près de la patinoire ? Sinon, vous êtes sûrement passé à côté du Square des Dominicaines, situé entre les deux. Et peut-être même avez-vous emprunté l’Allée des Dominicaines, ce raccourci qui traverse le pâté de maisons ?

Hé oui, il y avait un couvent de religieuses à cet endroit.

Dominicaines en habit
Dominicaines dans leur habit blanc caractéristique.

Penel-Beaufin, l’historien de Boulogne-Billancourt, nous dit qu’elles ont été installées là au printemps de 1888, au 64 de la rue de Meudon, au coin de la rue de Clamart, par la duchesse Alice Heine.

Née en Louisiane et fille d’un riche banquier parisien, Alice Heine avait épousé en 1879 le 7ème duc de Richelieu. Le duc meurt l’année suivante, la laissant veuve à 22 ans, avec deux enfants. Elle épousera en 1889 le prince Albert 1er de Monaco, devenant ainsi la première princesse de Monaco d’origine américaine, avant Grace Kelly.

Alice Heine princesse de Monaco
Alice Heine, princesse de Monaco – Louis Maeterlink

La congrégation des dominicaines du Saint-Rosaire de Billancourt était bien discrète. Le Village de Billancourt n’a trouvé que peu d’information. C’était une congrégation du tiers ordre dévouée à la garde et à l’assistance aux indigents malades (Cf « Paris charitable et bienfaisant » 1912). Le couvent et ses jardins couvraient plus de 10 000 mètres carrés, entre la rue de Meudon, la rue de Clamart et la rue d’Issy.

Le couvent étaient à peine visible de la rue, échappant ainsi au regard des photographes qui ont sillonné la ville au début du XXème siècle. Il nous a fallu recourir aux photos aériennes comme la photo principale (source IGN 1925) pour avoir un aperçu des façades et jardins.

En fouillant les archives on retrouve le nom de quelques aumôniers, comme l’abbé Hébert (1850-1917), l’abbé Chaugny en 1897, l’abbé Vaqué, en 1880 et le révérent Père Noël (sic) en 1913.

Le couvent des dominicaines en 1950, entre rue de Clamart et rue de Meudon.

Les œuvres du couvent faisaient régulièrement l’objet de ventes de charité organisées par de riches dames patronnesses dans des hôtels particuliers parisiens. On y invitait des musiciens pour attirer les donateurs.

Le Journal 1893
Annonce d’une vente de charité – Le Journal – 1893.

Dans les années 60, la propriété se couvre de terrains de sport. Le COSEC est construit en 1977 et le square en 1983. Les bâtiments du couvent vont subsister longtemps puisqu’ils ne disparaissent qu’entre 1994 et 1996.

Aujourd’hui, l’entrée de l’ancien couvent est occupée par le restaurant italien Paparotti. La mission sociale des religieuses s’y perpétue puisqu’on y trouve l’entraide familiale, le Secours Populaire et la Croix Rouge, côté rue de Clamart, et le foyer Michèle Darty d’hébergement pour handicapés, côté rue de Meudon.

Le terrain du couvent des dominicaines en 2021
Le square et le Cosec* des dominicaines, devant la patinoire. Source : Google.
  • COSEC = Complexe Omnisports Evolutif Couvert

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