L’immeuble martyr de la place Solférino

C’est une petite place très ordinaire, avec ses bancs, ses arbres et ses bacs à fleurs. Mais qui sait qu’elle est née de l’horreur des bombardements alliés ?

Il y avait là un minuscule pâté de maisons, un triangle de moins de 50 mètres de côté,  un seul immeuble de quatre niveaux, avec ses commerces, serré entre les rues de Solférino, de Clamart et le boulevard Jean-Jaurès.

Le dimanche 4 avril 1943, sous un ciel clair, 88 bombardiers américains de la 8e Air Force survolent Billancourt à 400 mètres d’altitude. Leur objectif est l’usine Renault, sous contrôle ennemi. 250 tonnes de bombes sont larguées en plein jour. Voir l’article que nous avons consacré à ces événements.

Certaines bombes s’égarent et frappent l’immeuble. Il n’en restera que des ruines.

Le bombardement de 1943. Sources : IGN & US Air Force  et la position de l’immeuble.

En regroupant nombre de cartes postales du début du siècle prises sous tous les angles, nous avons pu faire revivre pour vous ce petit immeuble de Billancourt.

Tout d’abord, le voici, au centre, vu du boulevard de Strasbourg  (Jean-Jaurès) :

Boulevard Jean-Jaures et rue de Clamart 1914
Boulevard Jean-Jaurès et rue de Clamart 1914. Source : Archives des Hauts-de-Seine.
Rue de Clamart et boulevard Jean-Jaurès Place Solferino
Rue de Clamart et boulevard Jean-Jaurès. Source : Delcampe.

Au croisement des rues de Clamart et Solferino, il abritait  un petit magasin d’alimentation,  visible ci-dessous, au premier plan à droite. Attention, cette carte est trompeuse car au premier regard on a l’impression que la place est sur la gauche, c’est en réalité un jardin qui n’existe plus.

Rue de Clamart. Source : Delcampe.

Les autres immeubles en brique sont toujours là. Vous les reconnaissez sûrement. Celui de gauche héberge aujourd’hui la nouvelle « Boulangerie-au-carré » . Plus loin de profile l’école des glacières.

La rue de Clamart. Source : Delcampe.

Notons au passage qu’à l’époque on pouvait laisser les enfants s’assoir au milieu de la rue !

Ci-dessous, nous reconnaissons le même croisement, cette fois, vu depuis la rue de Solférino. L’immeuble détruit est à gauche et la rue de Clamart part à droite :

Rue de Solferino, vers la rue de Clamart. Source : Delcampe.

Enfin, voici le croisement Jean-Jaurès / Solférino, vu de la rue du dôme. L’immeuble bombardé est à gauche. Pour vous repérer, la nouvelle brasserie « Odette » est à droite :

A la libération, la décision est prise de ne pas reconstruire. Le lieu deviendra une place publique, la place Solférino que nous connaissons aujourd’hui :

Une plaque commémorative apposée sur un bac à fleurs rappelle cet événement tragique. Elle est bien discrète, mais nous avons fini par la trouver :

Plaque commémorative place Solférino
Petit jeu : saurez-vous repérer l’erreur sur cette plaque ?

Pour plus d’information sur Boulogne-Billancourt durant la seconde guerre mondiale, voir l’exposition virtuelle organisée en septembre par le service des archives de Boulogne-Billancourt.

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