L’éphémère maison Geiger de la place Jules Guesde

C’est probablement l’immeuble de la place Jules Guesde qui aura duré le moins longtemps. A l’époque, il était au 4, place Nationale. C’était un immeuble blanc, assez banal. Il abritait le « Café-restaurant de la Place Nationale », l’un des 9 cafés-restaurants de la place, avec la brasserie Billancourt (ex-régie), le Central Tabac (ex Maison Courtois), le National, le Cabaret du Curé , le Comptoir du Point du Jour, et les coteaux de la Loire que nous avons déjà évoqués dans de précédents articles. Pour être complet, il était normal que nous lui consacrions ces quelques lignes.

A première vue, il n’était pas très facile de le situer sur la place. Sur la carte portale ci-dessous, des environs de 1905, il faut deviner, derrière les arbres du square, le bâtiment en briques de l’actuelle brasserie Billancourt.

Mais on reconnait surtout, à gauche, la maison d’Ernestine Alexandrine Bican, un bel hôtel particulier qui lui faisait face et auquel nous avions consacré un article il y a quelques mois.

Le café-restaurant donnait sur la rue Gustave Sandoz, un prolongement de la rue du Point du Jour, qui menait à l’usine Renault Frères. Cette rue n’existe plus. La sortie des usines devait certainement provoquer un beau pic d’affluence.

Au Village de Billancourt, nous n’avons pas trouvé grand chose sur ce café-restaurant, si ce n’est qu’il a vite changé de propriétaire pour passer entre les mains d’un certain M. Dognin. Nous avons également remarqué qu’il avait servi d’observatoire aux Courtois pour photographier l’avancée des ateliers Renault sur les terrains de la ferme de Billancourt. Oui, la ferme de Billancourt était juste derrière l’immeuble. D’ailleurs, si on regarde bien, on voit des bâtiments qui pourraient être ceux de la ferme, mais sans certitude.

Cet immeuble aura duré moins d’une vingtaine d’années. Le terrain a été acquis aux enchères par Charles Geiger, limonadier, et son épouse au héritiers de la comtesse de Goyon en 1902. Il y construit cet immeuble et une maison à l’usage d’habitation. Les appartements sont loués. Il n’en profite que 3 ans car les frères Renault rachètent l’ensemble en mars 1906. Ce qui est curieux c’est qu’il vend à un prix inférieur au prix d’achat de 1902, pourquoi?

Le bâtiment, lui, ne semble disparaitre des photos qu’en 1918. Le terrain a été intégré à l’ilot C de l’usine Renault, comme nous montrent les photos ci-dessous.

La maison Bican subira bientôt le même sort. La rue Sandoz, privatisée par Renault en 1926, disparaîtra derrière le portail monumental que nous connaissons :

Aujourd’hui, on serait tenté de placer la maison Geiger à la place du Carrefour City actuel et de l’épicerie « Médaille des saveurs » . Mais, regardez bien, elle était le long du prolongement de la rue du Point du Jour. Il faut donc davantage l’imaginer tout contre le portail Renault.

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