Ce sont les tout premiers bâtiments de l’actuelle place Jules Guesde.
Ils étaient à l’emplacement de la boulangerie Meunier et de l’ancien « Idéal Hôtel » (voir notre article sur le « Cabaret du curé« ). C’était deux petits bâtiments jumeaux placés de part et d’autre de l’extrémité de la rue Nationale.
Ils ont très probablement été construits par Gourcuff lui-même très tôt, on les voit distinctement sur son plan promotionnel du « Village de Billancourt » de 1834.

On peut penser qu’ils ont été placés là pour « habiller » la place et en accentuer la symétrie tout en lui donnant un joli nom nom propre à attirer les investisseurs…
On les retrouve ensuite au cadastre de 1842, toujours seuls sur la place. Puis dans celui de 1860, mais là ils ne sont plus seuls, un certain Étienne Caron a construit sa maison à l’endroit de l’actuel lycée Simone Veil.


Ces édifices étaient la propriété, en 1860, de la veuve Lefevre, pour celui de gauche, et de Louis Lefournier et Alexandre Bican, pour celui de droite. Alexandre Bican fera construire la maison Bican, de l’autre côté de la rue de Meudon.
Ces « pavillons de chasse » n’ont rien de remarquable en soi et on peut se demander pourquoi on les a baptisés ainsi. Étaient-ils vraiment utilisés pour la chasse ? Nous n’avons trouvé aucune réponse. C’est peu probable. Cette mention figure sur certaines cartes postales du début du XXème siècle, et peut-être était-ce juste un surnom donné par les riverains ?


Quoiqu’il en soit, ils ont abrité des commerces pendant de nombreuses années : cafés-restaurants, boutique d’artisan serrurier ou ferronnier. L' »annuaire almanach du commerce » de 1907 recense au 7 de la place (le pavillon de gauche) un certain Cussac, proposant « un grand jardin, bosquets, jeux divers, salons pour noces et banquets ». En 1911 le patron est Maurice Boileau, marchand de vins.
Ce pavillon de gauche est rasé entre 1922 et 1924 pour construire l’immeuble « Idéal Hôtel ». Cet immeuble abritera le « Cabaret du curé« . L’histoire ne dit pas si l’ecclésiastique était un habitué des lieux.


Dans les années 50, l’inscription « Idéal Hôtel », au fronton, sera effacée.

Le pavillon de droite au, 8 de la place, était la blanchisserie de monsieur Blache en 1893, Puis en 1896 la boutique d’Eugène Duflot, serrurier, puis en 1907, le restaurant d’Auguste Méjane. En 1932, on y trouve un certain monsieur Tanguy puis en 1936, lors des événements du front Populaire, la patronne était une certaine Gabrielle Platté . Les anciens du quartier et les ouvriers de Renault s’en souviennent probablement puisqu’il était encore là en … 2008 ! C’était le café restaurant « Les côteaux de la Loire« .






Ah! Ce cher Thierry Meunier… Nous habitons Boulogne depuis 1996 (Allée Marc Chagall, puis allée Emile Pouget), mais aucun souvenir des constructions précédentes… C’est à se demander si nous regardons bien ce qui nous entoure!…
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