À la Belle Époque, on vient profiter de la douceur de l’été sur les berges de Billancourt. L’usine Renault n’a pas encore envahi les lieux et notre ville offre près de six kilomètres de rives herbeuses et paisibles, à deux pas de Paris. Dès que les températures le permettent, les billancourtois viennent y pêcher, canoter ou simplement flâner sous les ombrelles.


Dimanche après-midi sur l’île de la Grande Jatte (1884-1885) – Georges Seurat

« Un dimanche au bord de la Seine, au Point du Jour ». Paul Géniaux (1873-1914). Paris, musée Carnavalet.
Quand on est de Billancourt, on se retrouve plutôt face à l’île Seguin. Il y a là un large replat et des pontons (aujourd’hui devant Truffaut) où peuvent accoster les voiliers de plaisance et les barques des promeneurs. On peut louer son canot au restaurant « À l’ami Arthur », situé sur le talus.


Match d’aviron Basse-Seine contre Marne. Archives de BB.




Si les photos d’époque nous révèlent l’atmosphère des lieux, il faut revenir un peu en arrière pour avoir une idée des couleurs. Alfred Sisley avait déjà, à la fin des années 1870, posé son chevalet sur ces berges. Il nous a laissé quelques jolies vues de la Seine à Billancourt, souvenez-vous.

Aujourd’hui, le quai Georges Gorse a bien changé. Il n’est plus qu’un axe routier bétonné, réservé aux voitures en route vers le centre de Paris. Qui s’y arrête ? Où sont les jolies dames en ombrelle et les messieurs à moustache ? Les baignades et les rires des enfants? Les balades en canot et les débarcadères ?
On se plait à imaginer ces quais aujourd’hui rendus à la promenade. Est-ce impossible ? Si nos voisins d’Issy-les-Moulineaux et de Meudon y sont parvenus, pourquoi pas nous ?
La photo en tête d’article est prise depuis l’ile Saint Germain. On reconnait à droite les peupliers du quai de Billancourt (Georges Gorse) et, au fond, l’île Seguin et le coteau de Meudon. Source : le Village de Billancourt.


